Septembre octobre et novembre 2025
Parler de restauration sera cette fois un peu présomptueux, cependant le travail à fournir devra être important pour arriver à un résultat acceptable. Nous utiliserons donc ce vocable bien que rénovation serait plus approprié.
Il est dans mes habitudes de restaurer les motos dans leur jus. Aujourd'hui cette habitude prend tout son sens. En effet l'état de départ est tel, qu'arriver à une machine comme neuve serait extrêmement long, sauf à faire refabriquer spécialement certaines pièces introuvables car il y a peu de chance de dénicher une épave de C320 de 1965 dans un laps de temps raisonnable. Le coût serait alors énorme.
A l'issue des travaux, notre C320 devrait sortir joli comme un cyclo bien entretenu depuis 60 ans et fonctionnel. J'ai bien écrit devrait... 😂
Il faut faire des choix : changer ou pas, repeindre ou non, panacher des éléments etc. Ayant pris des avis sur un forum spécialisé cyclos Honda aux Pays-Bas, il en ressort qu'il vaudrait mieux le laisser dans son état et simplement le remettre en route. C'est bien joli ça, mais comment faire avec les nombreux éléments manquants ou cassés ? Comment incorporer des éléments neufs comme les roues par exemple dans un ensemble tout oxydé ? Alors non, je vais me contenter de travailler comme je sais faire, comme mon matériel et mes petites compétences me permettent de faire. Il sera donc rénové tout ce qui n'est pas cassé et demeure fonctionnel, puis il faudra changer en occasion de préférence juste ce qui ne peut être récupéré en l'incorporant esthétiquement dans l'ensemble.
Finalement je ferai comme d'hab.
Cette décision étant prise, j'ai commencé à prendre des mesures de sauvegarde comme un archéologue, oui oui tel l'archéologue ! Non, restons à notre place, il s'agit simplement de protéger les éléments fragiles comme le feu arrière, limiter l'oxydation et réaliser un état des lieux quant aux pièces manquantes ou à changer. Un élément est venu perturber la donne : le moteur. Comme le lecteur attentif ne l'a pas oublié, le groupe propulseur - quoique présumé innocent - se trouve dans un état tel qu'il ne peut assurer le déplacement du véhicule. En d'autres termes :
le moulin est naze quoi !
Me voilà parti à la recherche d'un moteur complet ou pas, peu importe du moment que les pièces manquantes ne manqueront plus. Figurez-vous qu'à l'heure où j'écris ces lignes (3/11/2025) j'ai trouvé un bas moteur qui serait en état. On verra dans quelques jours.
Trêve de plaisanteries attaquons nous à la partie cycle. Tout est en bazar au fond du garage alors le premier boulot est de mettre en boîte par "familles" qui correspondent peu ou prou à la parts-list. Ensuite je piocherai dans les boîtes pour sauver et préparer si possible les pièces qui s'y trouvent. Cela me permettra de lister les bouts manquants et préparer une commande et/ou surveiller les annonces.
C'est parti.
Le premier élément à sauvegarder est très rare voire introuvable c'est le carburateur. Dans notre cas il est complet, non bidouillé en apparence et, curieusement, pas si minable que ça. Il m'est arrivé - la plupart du temps d'ailleurs - de n'avoir qu'une gangue infâme à l'intérieur des carbus, doublée d'une couche brillante, cristallisée et dure, évidemment tous les conduits étant bouchés.
Là non, la preuve :
Le flotteur est bon, tout y est, même le joint de cuve est présent, dur mais présent. Existe t-il en remplacement, c'est un mystère nous verrons bien.
Un gros nettoyage à l'essence puis un trempage dans un bain eau/vinaigre pendant plusieurs heures viennent à bout des dépôts et de la saleté extérieure.
N'est-il pas beau notre carbu maintenant ?
Seul un gicleur refuse de sortir, je n'irai pas plus loin sans savoir s'il existe en remplacement.
Nous le voyons toujours en place ci-dessous.
Vous ne verrez pas ce carburateur monté. Ce ne sera fait qu'au moment d'attaquer la mécanique.
Les blocs en caoutchouc naturel qui servent d'amortisseurs de couple* dans la roue arrière sont extraits, nettoyés à l'essence (vite fait) puis aussitôt rincés et mis à tremper dans du produit à vaisselle.
Ceci est censé garder leur souplesse. Une fois lavés et soigneusement séchés, ils sont talqués.
*Ils sont dans le moyeu arrière et doivent absorber les à-coups à l'accélération.
On note également les deux bouchons en plastique du carter de chaîne, en parfait état !
Voici le roulement de direction qui vient au niveau du té de fourche supérieur. Il est dégraissé, le plastique gris faisant office de cache et d'enjoliveur est nettoyé et les parties en acier sont polies afin d'ôter le maximum de taches.
Il faut 42 billes de 6 de diamètre dans les deux roulements (haut et bas). Nous n'en trouvons que 37 dont 2 de diamètre 8 ! Stupeur quel est ce montage à la noix ? 😂
Ce n'est pas grave mais il faudra changer la cuvette qui a été marquée par les billes qui se sont chevauchées tant elles avaient de place. C'est profiteur la bille de 6 on ne le sait pas, mais ça profite la bille de 6...
Nous passons aux boîtes suivantes. Ces pièces sont dégraissées, lavées puis polies autant que faire se peut mais surtout si nécessaire.
Beaucoup d'entre elles ne "reviennent" pas, leur surface est trop marquée par diverses traces. Il faudrait dans ce cas les refaire zinguer ou leur appliquer un revêtement genre galvanisation à froid. Ces traitements ne conviennent pas pour notre restauration car ils feraient trop neufs d'aspect.
A gauche les éléments de distribution, à droite la commande des vitesses et diverses bricoles.
A gauche la commande de frein arrière par rétropédalage.
Ici de la visserie identifiée, propre et en sachets, à droite les axes de roues, celui de la béquille, les tendeurs de chaîne, les pontets de guidon...
Le volant magnétique est vide ! Pas de mécanisme d'avance : le cyclo ne pouvait fonctionner sans cela.
Heureusement il y a ça dans le moteur que je viens de recevoir, oufff.
Le plateau d'allumage contient les bobines (allumage et éclairage) un peu de bidouillage là-dedans. Il y a les mêmes dans l'autre moteur, intactes 😎
Le compteur est une jolie pièce. Testé et fonctionnel il suffira de changer le caoutchouc du tour qui existe en pièce car utilisé sur de nombreux modèles (même de nos jours).
Les poignées sont également récupérables après dégraissage et nettoyage. Elles ne collent plus. Certes elles ont vécu, mais des neuves gris très clair feraient vraiment moche.
Ce n'est pas une affaire de coût dans ce cas.
Ce klaxon mignon est rare, en parfait état il ne fait pas "pouêt" il fait juste "kluck", peut-être une affaire de réglage. C'est ballot, d'autant plus qu'il n'est pas démontable ce qui est aussi enquiquinant pour le nettoyage.
Sur les photos c'est à gauche avant, à droite après préparation.
Ce n'est pas pour me vanter, mais le lecteur perspicace aura saisi à quel point je fais bien le son du klaxon, mieux que lui en tous cas... 😉
Ce klaxon partage un interrupteur avec le phare. Cet interrupteur a visiblement connu des soucis dans sa vie. Son câblage est à reprendre, le reste est en état.
Un passage à la laine d'acier fine suivi d'un polish pour protéger suffiront.
Les branchements sont repérés et seront connectés au remontage.
Le cache du commodo après polissage.
Le faisceau est mis dans une gaine propre, les fils ont été testés (continuité) et nettoyés.
Et voici le commodo qui attend sagement de retrouver sa place au guidon.
J'avais découvert ce machin débranché dans un bloc de cambouis sous le cadre. Ne sachant trop ce que c'était, une fois nettoyé, les recherches ont confirmé que c'est le contacteur de stop et qu'il existe en neuf car monté sur d'autres cyclos.
Il est prêt, fonctionnel, en attente de remontage (ce n'est pas pour demain).
Vendredi 21 novembre.
En cherchant des photos du démontage, j'ai trouvé mon petit Titou quinze jours avant qu'il nous quitte. 😪
Depuis quelques jours il fait un vrai temps d'hiver avec une alternance de pluie, de froid et de pluie froide ! J'ai rapatrié les bouts du 320 dans le garage intérieur. Seul bémol, je ne peux y faire les opérations sales qui dégagent des odeurs de solvants.
Je me suis attaqué aux moyeux de roues. Pour rappel, ils étaient tous les deux comme ça. Le démontage des garnitures fut assez simple après plusieurs badigeons de dégrippant. Je n'ai gardé des mâchoires de frein que les 4 ressorts, dérouillés et stockés en cas de perte car les mâchoires neuves sont livrées avec.
La face visible des moyeux était sale sans plus, oxydée et son vernis terni et pelé : les affres du temps.
Passage au décapant, ponçage léger et Belgom alu.
Ils sont maintenant propres et présentables, dans un bon jus de 60 ans. Inutile d'aller plus loin pour l'instant puisque les roues seront peut-être récupérées telles quelles, l'ensemble devra rester homogène.
Les voici ce soir, face et pile.
L'ensemble des éléments des freins. Certes il manque des mâchoires neuves et une ou deux bricoles mais ce n'est pas prêt à monter, juste sauvegardé :
La bobine a droit aux soins, il faudra trouver un boîtier pour rabouter les deux morceaux du câble HT.
Les fils sont parfaits, l'antiparasite comme neuf et sa résistance dans la norme.
Cher lecteur attentif, tu as remarqué que je pars un peu (!) dans tous les sens. Nous sommes en sauvegarde avant l'hiver. Ces pièces sont protégées, lubrifiées et stockées au sec. Au printemps, je ressortirai tout cela, les éléments à changer seront arrivés et il devrait ne rester que la peinture à réaliser.
Habituellement je travaille par famille de pièces en suivant les parts-lists. Cette fois, j'ai démonté tout à la fois et l'évènement de l'été a tout chamboulé. Aujourd'hui je bosse sur les éléments que je trouve en face de moi, au pif quoi...
Fort heureusement les pièces constitutives de ce cyclo sont peu nombreuses et on s'y retrouvera assez facilement.
Cet aprèm j'ai fini en m'occupant de la fourche. Photos et explications demain !
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Il existe des professionnels bien plus qualifiés même si, en effet, ils ne sont plus légion !